Il y avait de la chispa (étincelle) dans l'air ce jeudi soir pour le dernier spectacle du Café Cantante...
Si les aficionados pouvaient voter, ils éliraient sans doute cette soirée au Café Cantante comme la meilleure du festival.
Les commentaires qui fusent de part et d'autre lorsque les lumières se rallument sont élogieux, et chacun ressort comme sonné devant une telle déferlente d'arte puro.
Il suffit de regarder le plateau que nous offrent Andrés PEÑA et Pilar OGALLA pour comprendre que les aficionados vont encore une fois se régaler.
Tout Jerez est présent sur scène : Les frères LAGOS, Javier PATINO, Luis MONEO...et en cadeau Luis EL ZAMBO en artiste invité ! Le niveau artistique du plateau est exceptionnel en nombre comme en qualité. Il n'y a pas de cajon dans cette formation qui privilégie les palmas comme unique percussion : on apprécie.
Le décor est vite planté. Le tangos entraînant de Luis EL ZAMBO «quedate a vivir conmigo»
accueille l’arrivée du couple PEÑA/OGALLA dans une chorégraphie énergique et très synchrone.
Un duo suit entre Luis EL ZAMBO et David LAGOS por siguiriya et c’est un moment particulièrement intense.
Lors de l’alegria de Cadiz interprétée par Pilar OGALLA on a un peu l’impression
de voir Eva LA YERBABUENA tant sa coiffure rappelle celle de la danseuse de Grenade,
mais la gaditane vêtue d'une bata de cola couleur crème fait vite oublier ce détail
en interprétant un baile ardent et généreux entrecoupé d'un joli silencio. Elle interprétera plus tard un
taranto où la rondeur de ses mouvements feront sensation. Un long baile parfaitement exécuté techniquement et artistiquement, peut-être un peu trop en force.
Mais les moments phrares du spectacle reviennent cependant à son compagnon Andrés PEÑA et au cantaor Luis EL ZAMBO.
Andrès PEÑA fait culminer l'émotion des spectateurs en leur donnant sa version de la
célèbre farruca d'Antonio GADES. Il a d'ailleurs travaillé
avec Adrian GALIA qui reprend le rôle de GADES dans la compagnie du même nom, ce qui l'a peut-être influencé dans ce choix audacieux.
C’est la première et unique farruca du festival,
et celle-ci vaut le détour. L'ovation qui salue le baile du jerezano est immense,
à la fois de la part des artistes et du public. Andrés PEÑA coupera de nouveau le souffle de l'audience
un peu plus tard avec une magnifique interprétation de martinete avec la canne, nouvelle référence à GADES,
ou encore une dynamique solea por buleria.
Luis EL ZAMBO, chanteur originaire du barrio de Santiago, emblématique quartier gitan de Jerez de La Frontera
est un invité exceptionnel. Véritable phénomène du cante que l'on a vu récemment aux côtés de Miguel POVEDA dans "Sin Frontera", le jerezano livre une solea por buleria
d’anthologie dans laquelle il joue avec le rythme, s'amusant à allonger les tercios sur plusieurs compas. Olé Luis !
Une fin de fiesta incandescente où chaque artiste sort à tour de rôle por buleria achève la combustion du Café Cantante.