Niño de Elche

Il n'y a pas d'art sans humanité

Cela fait quelques années que Flamenco Culture suit le parcours de Francisco Contreras Molina "Niño de Elche". Il vient souvent se produire en France, nous l'avons notamment vu à Planète Andalucia et à l'Institut du Monde Arabe où cette interview a été réalisée le 2 octobre 2010. Belle rencontre avec un cantaor engagé.

Niño de Elche


Paco, tu viens de Elche, mais tu es d'origine andalouse non ?

Oui, mes parents sont d'un village de Grenade, Montejicar. Mais je suis né à Elche et j'ai grandi à Elche.

Qui t'a baptisé Niño de Elche ?

Une amie à moi qui vit à Torre-Pacheco. Elle fait partie de la peña Melon de Oro de Lo Ferro, et à Murcia il y a un très bon cantaor qui s'appelle Francisco Contreras, comme moi donc, qu'on appelle aussi "El Bongui", un cantaor qui a gagné la Lampara Minera à son époque. Alors, pour qu'on ne me confonde pas avec lui, elle a eu l'idée de me baptiser Niño de Elche. J'ai commencé à m'appeler comme ça dès mon deuxième récital. Et ce nom me ravit car on peut y voir le nom de ma ville.

Comment le flamenco est-il entré dans ta vie ?

Mon père est aficionado au flamenco, il chante un peu. Le premier flamenco que j'ai écouté c'est de lui, lors de fêtes familiales. Ensuite j'ai commencé à jouer de la guitare, puis j'ai découvert ma façon de chanter, ma voix.

Tu as commencé plutôt jeune, à quel âge as-tu décidé de te consacrer au flamenco ?

Ce n'est pas une chose que l'on décide du jour au lendemain, ce sont beaucoup d'événements. A l'âge de 8 ans j'ai commencé à jouer de la guitare - je suis aussi guitariste - et à dix ans je suis monté pour la première fois sur scène pour chanter. Je me considère comme professionnel depuis l'âge de 15 ans, lorsque j'ai remporté quelques prix nationaux et que j'ai décidé de partir vivre à Séville pour me consacrer corps et âme au cante.

Tu as commencé avec la guitare, pourquoi l'as-tu laissée pour le cante ?

C'est une chose que je ne peux t'expliquer. J'ai commencé à jouer de la guitare en privé, je l'utilisais surtout pour composer. Mais je ne sais pas, il y a un moment où je me suis plus identifié au cante, où cela m'attirait beaucoup plus. Ce n'est pas pour une raison commerciale, parce que l'on travaille plus avec le cante qu'avec la guitare ou car le cante est plus facile que la guitare, non. C'est simplement ce que je ressentais à ce moment là et j'ai continué parce que cela me plaisait.

Préfères-tu jouer ou chanter ?

Il y a des moments, je dirais "aucun des deux". Il y a des moments où j'ai envie de chanter, d'autres où j'ai très envie de jouer de la guitare, mais en ce moment sur scène ce que je souhaite c'est chanter bien sûr. De toute façon je suis en train de préparer des choses dans des spectacles où je pourrai aussi jouer.

Tu t'accompagneras toi-même à la guitare en chantant ?

Une fois je le ferai. Je le fais déjà dans le spectacle sur Miguel Hernandez. Auparavant les cantaores s'accompagnaient à la guitare, c'est pourquoi je voulais faire un travail sur cette expérience, et pouvoir l'amener sur scène si les nerfs me le permettent. Mais bien sûr, jouer de la guitare sur scène est moins évident pour moi que de chanter, je dois simplement le travailler.

Aujourd'hui tu vis à Séville, pour quelle raison ?

Seville aujourd'hui est le coeur du flamenco, au niveau des contacts professionnels, mais aussi au niveau de l'apprentissage. Ce fut sur le conseil de mon ami christian qui m'a motivé à 100% que je suis venu à Séville. Je me développe beaucoup en tant qu'artiste et je suis ravi de l'avoir fait.

Tu m'avais dit lors de ta venue à Planète Andalucia l'an dernier que tu te sentais plus proche de la culture catalane que de la culture andalouse... dans quel sens ?

Motié-moitié. La Catalogne me plaît beaucoup, surtout Barcelone, c'est une de mes villes favorites, ma ville préférée. Ses habitants me plaisent énormément aussi. L'Andalousie appartient à ma culture car mes parents sont andalous. J'ai commencé à connaître la culture d'Elche sur le tard, vers l'âge de 15 ans. Je célébrais les fêtes andalouses, la nourriture était andalouse, la façon de parler était andalouse... Je parlais le valenciano à l'école mais ce n'était pas ma langue, et grâce à des gens de Catalogne, Valence et d'Alicante j'ai connu cette culture qui en réalité m'appartient également. Alors mon coeur est divisé, je m'identifie aux idées du pays Valencien, Catalan, mais aussi à l'Andalousie car elle fait partie de mes racines.

Quelles sont ces idées ?

Eh bien, surtout leur concept social. Au niveau social je suis plus en accord avec la façon de vivre qu'il y a à Barcelone, avec le mouvement qu'il y a au niveau culturel, au niveau social. Séville à ce niveau là est en train de faire ses premiers pas. Si d'ici 10 ans Séville y arrive, alors j'y resterai car j'adore Séville. Mais le milieu dans lequel je vis à Séville n'est pas le monde typiquement sévillan. C'est un milieu beaucoup plus culturel, ce que moi je recherche réellement, pas l'ambiance typique flamenca, je n'ai pas besoin de cela pour vivre, moi j'ai besoin d'une ville qui a de la culture, pas seulement du flamenco, et Barcelone a pour moi le format parfait aujourd'hui en Espagne.

Justement, à part le flamenco, qu'est-ce qui te plaît, la littérature ?

Oui, comme tu sais la littérature je l'utilise aussi pour travailler. J'aime par dessus tout la poésie. J'aime aussi d'autres musiques. A part le flamenco j'aime beaucoup le métal. Comme tu peux voir je porte un t-shirt de Rammstein. J'aime beaucoup le minimalisme. J'ai quelques notions de musique classique, j'écoute pas mal de musique arabe, et le flamenco évidemment. Mais le métal, le minimalisme et le flamenco sont les choses qui me passionnent le plus, sans aucun doute. Et le monde des cantautores bien sûr.

Sur ton site web tu as écris un message très joli et très sincère en direction des lecteurs... c'est important le côté humain pour toi n'est-ce pas ?

Pour moi c'est le plus important. Il n'y a pas d'art sans humanité derrière. L'art qui se fait sans humanité est une façade. Je ne choisis pas ce chemin. C'est simplement pour cela que j'ai besoin en plus du flamenco de beaucoup d'autres choses, pour me cultiver en tant que personne.

Sur ton site tu parles de Francisco Contreras et de Niño de Elche, ce sont deux personnes différentes ?

Oui bien sûr, ce sont deux personnes différentes. El Niño de Elche quand il monte sur scène fait du flamenco, mais moi j'aimerais faire autre chose. Ce qu'il y a c'est qu'avec ma trajectoire artistique je ne peux pas faire autre chose, ou faire peu à peu des choses différentes en fonction de ce que l'on me permet. Francisco Contreras a beaucoup plus d'inquiétudes, Francisco Contreras met la pression sur Niño de Elche pour qu'il tienne plus compte de lui et qu'il puisse exister cette union entre artiste et personne qui dépend aussi de ce que les programmateurs te laissent faire. Mais je crois que cette année j'ai déjà fait un pas vers cela et que l'année prochaine avec un travail sur Francis Bacon j'en ferai un autre sur mes pensées, sur mes idées. Donc peu à peu les deux sont en train de s'entendre.

ndlr : depuis le site de Niño de Elche a changé et le message d'introduction n'y figure plus. Niño de Elche a présenté récemment en Espagne sa création sur l'oeuvre de Francis Bacon qui s'appelle "Vaconbacon".

C'est quoi pour toi le flamenco ?

C'est une des musiques les plus importantes qu'il y a dans le monde au niveau ethnique, et en ce moment elle dirige un peu ma vie. Cela m'ennuie un peu que le flamenco dirige ma vie, mais c'est ce que j'ai choisi !

Que préfères-tu chanter ?

J'aime beaucoup la solea, c'est le palo que j'aime le plus, sans aucun doute. Et les tientos. Ce sont ces deux palos que j'aime le plus.

Ecris-tu des letras ?

J'ai commencé à écrire des letras. Mais quand j'ai découvert la poésie à un niveau plus avancé - avec tous les poètes que je chante comme Leon Felipe, Miguel Hernandez, Machado, Lorca, Alberti, Eliot, Bacon - je la comparais à ce que j'écrivais et je sombrais presque en dépression. Alors j'ai arrêté d'écrire et ai consacré plus de temps à lire de la poésie et essayer de la mettre en musique. Depuis un mois j'essaye d'écrire des choses, car je veux aussi essayer de développer cette facette pour voir si je l'ai réellement en moi ou si j'aime simplement la musique et les poèmes. J'écris très peu de choses. je préfère chanter la poésie des autres qu'écrire moi-même.

Tu composes sur ces poèmes ?

C'est l'héritage que m'a laissé Paco Ibañez. Comme c'est mon cantautor préféré, c'est ce qu'il m'a légué, le fait d'essayer de mettre en musique la poésie, ça me paraît merveilleux.

Tu t'es formé à la Fondation Cristina Heeren, que t'a-t-on enseigné là-bas ?

Oui, j'y suis resté un an et demie. On m'a enseigné un peu de technique vocale. Calixto Sanchez est celui qui m'a enseigné le plus de technique vocale. On m'a appris à écouter les cantaores classiques... Ce n'était pas évident pour un garçon de 15 ans, mais ils ont su semer cette graine de l'aficion. Ce fut un pas immense pour moi au niveau vocal surtout, et au niveau de l'aficion. Ca me sert beaucoup, énormément.

Ensuite je me suis beaucoup formé en chantant pour le baile. Lorsque j'ai quitté la Fondation je suis entré dans le monde des tablaos. J'ai commencé à l'inverse de beaucoup de gens à chanter tout seul et ensuite pour le baile. Et maintenant je suis un peu partout. Mon parcours est un peu particulier et j'en suis très content.

Tu étais très jeune lorsque tu es parti étudier à Séville, comment as-tu vécu le fait d'être loin de ta famille ?

J'avais 15 ans mais j'allais sur mes 16 ans. J'étais un jeune qui ne sortait pratiquement jamais, très protégé par mes parents, et ce fut un tournant total dans ma vie : vivre seul et fréquenter une ville beaucoup plus grande que Elche, fréquenter des gens importants dans le flamenco... Je n'étais pas habitué à avoir des figures à côté de moi qui me parlent avec une totale liberté. Avoir à ses côtés Manolo Franco, Calixto Sanchez, José de la Tomasa, Miguel Angel Cortes, Esperanza Fernandez...

Etre loin de ma famille fut très dur. Quand je parle de la famille, je compte aussi les amis. Je suis une personne très liée à la famille, je suis très attaché à eux, je vais souvent à Elche... Mais je suis aussi quelqu'un de plutôt indépendant. Ce fut un changement très brusque dans ma vie, mais ensuite ça s'est bien passé, j'ai commencé à voyager à travers le monde...

Cela t'a fait murir non ?

Enormément. Souvent trop vite. Mais je suis content d'être arrivé à des réflexions personnelles que l'on se fait lorsque l'on a 30 ou 40 ans. Et je remercie toutes les personnes qui m'ont aidé et qui m'aident depuis que je suis parti de la maison. Ce chemin tu ne le fais pas seul, il y a toujours des gens qui sont là pour te donner des conseils, et tu apprends d'eux. Je me suis toujours rapproché et me rapproche toujours de personnes plus âgées que moi.

As-tu un miroir dans lequel te regarder ?

Au niveau artistique il y en a beaucoup. Je ne sais pas, comme j'aime tant de personnes très différentes... flamenco-culture.comQuand je vois Enrique Morente j'hallucine, c'est un modèle mais pour beaucoup de flamencos, énormément de musiciens. Dans le flamenco c'est la grande référence que j'ai. Il y aussi Paco Ibañez, ou quand j'étais petit Manuel Gerena. Il y a des artistes comme Leonard Cohen, Wim Mertens, Philip Glass, des groupes comme Rammstein ou Metallica... Ils ont tous un morceau de miroir dans lequel je me regarde. J'apprends de tous. Je n'ai pas une seule référence marquée. Pour chanter le flamenco logiquement j'ai pris des classiques et des contemporains. Ensuite pour faire des spectacles, s'il s'agit de performance je prends ce que font les compagnies de performers de Séville, s'il s'agit de poésie je m'inspire des cantautores, Paco Ibañez, Horacio Prada, Carlos Cano, Joyce Jack, Pablo Guerrero, Serrat... beaucoup de gens. S'il y a un spectacle où la musique obscure prime, logiquement ce sera Rammstein, Metallica... des groupes comme ça...

Comment as-tu forgé ta propre personnalité de cantaor ?

En écoutant énormément de choses très diverses, pas seulement de la musique, et en m'enrichissant de chacune d'elles. Mais je ne pense l'avoir réalisé à 100%, il me reste encore beaucoup à faire. Mais je suis content de ce que j'ai déjà réalisé à l'âge de 25 ans.

Fais-tu des exercices pour la voix, comment travailles-tu au jour le jour ?

Je fais des exercices mais je devrais en faire beaucoup plus, car je n'ai pas suivi l'enseignement de la technique vocale à 100%. Mais c'est très important car ces derniers mois j'ai chanté presque tous les deux ou trois jours. Quand tu as des concerts suivis c'est nécessaire. Je devrais faire plus d'exercices vocaux mais je ne le fais pas assez, comme beaucoup d'artistes. Mais c'est vrai que fais attention d'en faire le minimum pour que ma voix ne se casse pas. Je fais des exercices avant chaque concert, je ne fume pas et je bois peu, sinon c'est impossible.

Tu es un cantaor engagé, quelles idées revendiques-tu ?

Ce dont nous parlions auparavant, l'humanité. Aujourd'hui il n'est pas si important de revendiquer une idée politique, je pense qu'au fond il y a autre chose, les valeurs humaines. Ca m'est égal qu'une personne ait une idéologie de droite ou de gauche, du moment qu'elle tend vers l'être humain. Il est vrai que les personnes de gauche sont souvent plus humaines que celles de droite. Mais en Espagne, avec le travail sur Miguel Hernandez, j'ai eu aussi bien des problèmes avec la droite qu'avec la gauche. J'ai essayé de donner une image objective de Miguel Hernandez. Mais je revendique surtout les valeurs humaines plus qu'une idéologie politique. Je suis républicain, je suis une personne de gauche, mais je recherche la valeur humaine, que les gens soient plus humains. J'essaye moi-même de m'humaniser plus, dans ma musique, dans mon travail et dans ma vie quotidienne, dans ce monde capitaliste qu'est l'Europe. Il ne faut pas se leurrer, nous vivons dans un monde capitaliste.

Que représentait pour toi José Antonio Labordeta ?

Labordeta représentait tout d'abord un cantautor parmi les meilleurs de son époque. Ensuite, un homme qui s'était dédié à la pédagogie, il avait été professeur, brillantissime dans ce domaine, et il faut reconnaître son travail. Ensuite il était la simplicité, l'exemple d'une personne du peuple - qui avait fait des études mais du peuple - il est devenu député, ce qui n'est pas facile en Espagne, et il défendait une idée du populaire très pertinente, très avancée, qui malheureusement ne s'est pas faite. Donc Labordeta était l'image parfaite du point d'équilibre entre la politique et le peuple. Je le vois ainsi Labordeta. C'est dommage qu'il nous ai laissés, il n'y a pas longtemps. Mais il était génial, c'était une personne que j'admirais. Il faudrait qu'il naisse 40 Labordetas chaque jour !

En ce moment tu es en tournée avec un spectacle sur Miguel Hernandez, peux-tu me parler de ce projet ?

Miguel Hernandez est un poète né à Orihuela. Cette année c'est le centenaire de sa naissance. C'est un des mes poètes favoris, aussi car à Elche c'est un poète très familier, il y a beaucoup de choses, beaucoup d'endroits qui portent le nom de Miguel Hernandez. Donc c'est un poète que je connais depuis tout jeune. Ensuite, grâce à des amis, j'ai pu approfondir mes connaissances sur ce poète, grâce aussi aux cantautores comme Manuel Gerena, Serrat, Alberto Cortez, à Paco Ibañez aussi... J'ai connu Miguel Hernandez aussi grâce à Enrique Morente.

Je me suis intéressé à sa poésie et j'ai commencé à travailler sur des poèmes à lui, et lorsqu'est arrivé le centenaire j'avais déjà beaucoup de choses à proposer sur Miguel Hernandez. J'ai parlé avec José Luis Ferris, qui a écrit la meilleure biographie de Miguel Hernandez, devenu un grand ami depuis, il m'a passé un scénario dans lequel il racontait la vie de Miguel, et j'y ai mis des poèmes biographiques. Je ne chante pas des poèmes pour chanter des poèmes, non. Dans mon spectacle ce je recherche c'est faire connaître la vie de Miguel Hernandez, sa vie et son oeuvre, car c'est le poète dont la vie et l'oeuvre étaient le plus unis. Donc je chante l'oeuvre de Miguel Hernandez pour que les gens puissent connaître une grande partie de sa vie. Il y avait des choses que je voulais que les gens sachent sur la vie de Miguel Hernandez, c'était mon but. C'est une autoproduction comme toutes les choses que j'ai faîtes dernièrement. Pour les choses intéressantes parfois on est moins soutenu. Il y a très peu d'institutions qui soutiennent réellement les projets, si tu n'es pas une personne médiatique, célèbre, personne ne te soutient, alors...

J'ai eu pas mal de soucis avec le centenaire de Miguel Hernandez, pas avec ses héritiers qui m'ont toujours très bien traité, mais avec les institutions qui ont organisé le centenaire. Ils avaient une dette envers Miguel Hernandez et ils l'ont très mal réglée. Ils ont dilapidé de l'argent public, et au final ils ont oublié le poète, qui était le plus important. Et en plus, le plus fort, c'est qu'ils ont oublié le poète du peuple, celui qui durant toute ces années a représenté le peuple. Il ont réalisé le pire centenaire qu'il pouvait y avoir au niveau musical. Au niveau intellectuel, avec les conférences, c'était pas mal car il y avait un groupe d'intellectuels, mais au niveau de la programmation culturelle, au niveau musical, surtout à Elche, ça a été le pire que l'on puisse faire. Je ne dis pas ça car ils n'ont pas programmé mon spectacle, moi ils m'ont programmé, mais je connais beaucoup de gens qui n'ont pas été choisis car ils n'étaient pas assez médiatiques. Il y a des personnes qui ont travaillé durant plusieurs années sur le sujet de Miguel Hernandez et ils ne leur ont pas donné la place qu'ils méritaient dans ce centenaire, seulement une toute petite part du gâteau. En revanche à d'autres personnes qui n'avaient fait aucun travail sur Miguel Hernandez, on a dit qu'il y avait un gâteau à partager. Cela arrive dans beaucoup de centenaires, mais ça me fait mal que ça se soit passé pour le centenaire de Miguel Hernandez et en plus dans ma ville, à Elche. Mais je suis serein, car mon travail est fait avec l'âme et le coeur, et la connaissance de la vie de Miguel, des choses que beaucoup de personnes qui ont profité de ce centenaire n'ont pas fait.

Qui t'accompagne sur scène dans ce spectacle ?

Dans le spectacle en direct Oscar Lagos joue de la guitare, le narrateur est José Luis Ortiz Nuevo, à la percussion il y a Jorge Perez... Et quand nous pouvons prendre des artistes invités, il y a Marco Flores au baile qui est fabuleux. Le 17 octobre nous allons à Cornella pour la cloture de journées sur Miguel Hernandez et Marco vient comme artiste invité. Donc c'est une formation plutôt complète.

Tu as dit que tu allais sortir un disque du spectacle ?

Oui, quand j'aurais terminé ce travail à partir du mois de décembre je veux commencer à enregistrer. Ce spectacle donnera un disque avec plus de collaborations. La narration sera assurée par plusieurs personnes de la culture, et il y aura des collaborations au niveau guitaristique, au niveau des cantaores. Je ne peux pas t'en citer au cas l'une d'elles ne se fasse pas mais ça va être très intéressant car si j'arrive à réaliser ce que j'ai en tête, aucun disque de flamenco n'aura eu autant de collaborations au niveau culturel et artistique. Je veux que ce disque représente toutes les personnes qui ont fait quelque chose sur Miguel Hernandez dans ce disque, que ce ne soit pas seulement mon travail à moi mais une représentation du présent, du passé et du futur du monde hernandien.

Aujourd'hui tu es à Paris avec un groupe d'artistes français, comment est née votre collaboration ?

flamenco-culture.comJ'ai connu ce groupe par le biais de Tobal. Nous nous sommes connus à la Fondation Cristina Heeren, et deux ans plus tard je suis venu chanter avec Yasaray Rodriguez et Javi Gomez dans un festival du nord de la France (ndlr : Saint André lez Lille). Je me suis donc lié d'amitié avec eux et ils m'ont toujours invité quand ils pouvaient. Et pour moi c'est un plaisir de chanter avec des gens de France ou de n'importe quel pays. Je le fais beaucoup et cela me réconforte artistiquement et humainement.

Tu as enregistré un premier disque, en as-tu un autre en projet à part celui sur Miguel Hernandez ?

J'en ai beaucoup en tête. En ce moment je consacre mon énergie à celui de Miguel Hernandez, on verra si je peux l'enregistrer dans les prochains mois. J'ai mon propre label, une petite entreprise de production, car je m'autoproduis. Après Miguel Hernandez j'ai le spectacle de Francis Bacon, que j'aimerais aussi enregistrer en DVD, c'est un spectacle de performance, d'arts scéniques. Et ensuite il y a beaucoup de projets sur des choses déjà enregistrées, des idées. Mais pour l'instant je veux sortir ce disque sur Miguel Hernandez et tant que je ne l'aurai pas enregistré je ne saurai pas ce qui viendra ensuite.

A noter : Niño de Elche sera en concert à Paris pour deux récitals avec Dimitri Puyalte
- Le 27 juin au Paname, 14 rue de la Fontaine au Roi, à 22h
- Le 28 juin au Café de Paris, 158 rue Oberkampf, à 20h30

Flamenco Culture, le 02/10/2010


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